Rapport Ziguinchor

1. Introduction

Le séminaire de restitution et de validation des résultats de recherche, à la suite des enquêtes menées durant les mois d’août et de septembre 2010 sur « les stratégies d’accès des femmes au foncier », de la zone de Casamance, a eu lieu à Ziguinchor, le 23 mars 2011, à la salle de conférence du « Point Focal ».  L’objectif visé à travers ce séminaire est i) d’échanger avec les acteurs à propos des données (quantitatives, qualitatives et administratives) recueillies sur le terrain, ii) de recueillir l’expression des besoins en formation dans le cadre de la promotion de l’accès des femmes au foncier et iii) de discuter de l’opportunité de créer un cadre de concertation qui sera une instance de plaidoyer permanent pour un accès effectif et sécurisé des femmes au foncier. Le Gestes a bénéficié dans le cadre de cette activité du concours financier de l’USAID à travers son programme Development Grant Program (DGP).

2. Présentation des résultats et discussions

La présentation des résultats a été effectuée par Mr. Ibrahima Diatta de l’équipe du Gestes. Sa communication est basée sur une lecture croisée des données à la fois quantitatives, qualitatives et administratives selon le plan ci-dessous :

  • Présentation du projet
  • Méthodologie et zone d’étude
  • Présentation des résultats

3. Conclusions
A la suite de cet exposé, un film documentaire portant sur les enjeux et la pertinence de l’accès des femmes au foncier a été projeté à l’intention du public.
S’agissant des discussions, elles sont axées essentiellement autour de 4 points :
Observations sur l’échantillonnage de la zone d’étude
Tenir compte des réalités spécifiques de chacune des districts administratifs de la Casamance pour ne pas fausser l’échantillonnage

Approfondir l’étude en insistant sur les spécificités entre les différentes zones de la Casamance et même dans une zone, il y a souvent une différence de pratiques entre les villages et en définitive, au sein d’un même village il peut y avoir une différence de pratique entre les familles.
Recommandations
Ressortir les approches socioculturels car cela permet de savoir dans chaque zone quelle type d’activité menée et comment s’y prendre. Le foncier est une question complexe surtout quand on ambitionne de faire un plaidoyer pour l’accès des femmes à la terre et dans certaines zones, les femmes n’y songent même pas.
Tenir compte de la coutume et des us des différentes ethnies en Casamance.
Insister sur la question de l’accès des femmes aux moyens de production.
Mener une réflexion pour accompagner les dynamiques de conventions locales qui permettent aux femmes d’accéder à la terre
Vulgarisation de la loi sur le domaine national et celle sur la loi agro-sylvo-pastorale
Recourir aux chefs religieux ou chefs coutumiers pour porter l’information en faveur de la sensibilisation pour l’accès des femmes au foncier car dans certains endroits c’est un tabou pour la femme de pouvoir revendiquer ses droits fonciers.
Chercher à savoir dans la Casamance, quelles sont les localités où les femmes héritent des terres ? Et quels sont les mécanismes ?
Besoins de formations
Prendre en compte les causes du non accès des femmes au foncier qui sont différentes d’une zone à une autre dans la cadre d’un plan spécifique de sensibilisation.
Impliquer les hommes dans le processus de formation pour une meilleure sensibilisation.
Tenir compte des particularités de chaque ethnie dans le cadre de la formation
Discuter de la place des hommes et des femmes dans les systèmes de production puisque dans certains cas, les terres reviennent sans doute aux hommes mais ce sont les femmes qui gèrent les greniers et donc la maison. Dans ces milieux, ce que l’homme gagne, même quand il est salarié, est presque totalement versé à la femme.
Evaluer les besoins en formation spécifiques aux femmes éleveurs
Formation en communication, comment communiquer pour convaincre les personnes dans le contexte locale de permettre aux femmes d’accéder au foncier

 

 

*      Cadre de concertation

 

          Impliquer les hommes dans la mise en place du cadre de concertation.

          Veiller au suivi et à la redynamisation du cadre (en les dotant de moyens de fonctionnement)

          Impliquer les CLCOP qui sont des organisations communautaires de base regroupant divers acteurs.

          Inciter les femmes à intégrer les CLCOP qui sont structures opérationnels dans le cadre du développement local.

          Inviter les femmes éleveurs à participer aux cadres de concertation existants.

 

3.      Conclusion

 

Ce séminaire a été pour les acteurs une tribune pour analyser et discuter de l’inégalité homme femme en matière d’accès à la terre, en particulier en Casamance. Les éléments d’explication fournis confortent l’idée qu’il faut bien renforcer le travail de sensibilisation, de plaidoyer pour permettre aux femmes de la Casamance de pouvoir accéder à une terre sécurisée certes, mais surtout d’avoir les moyens de la mettre en valeur. C’est pourquoi, ils conviennent tous sur le fait que dispenser aux femmes des formations dans ce sens est une remarquable initiative. Toutefois, la proposition de création d’un cadre de concertation pour la promotion de l’accès de femmes au foncier a eu un écho assez mitigé de peur qu’il soit une structure de plus dans la frénésie de création de cadre de concertation pour toute activité. De ce fait, il a été suggérer l’idée de se servir des CLCOP pour mener à bien le combat de l’accès des femmes au foncier. En outre, l’idée d’un observatoire sur le foncier qui puisse faire un suivi permanent du combat pour l’accès des femmes au foncier s’est fait jour et semble être préférée à celle d’un cadre de concertation. Nos vifs remerciements aux participants et à Monsieur Mor Talla Tine, Adjoint au Gouverneur de la région de Ziguinchor chargé du Développement pour avoir présidé la séance de clôture marqué par de très riches échanges mais aussi pour son appui à l’organisation de ce séminaire.

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