Genre et infrastructures dans l’espace CEDEAO

Les infrastructures, de manière générale, peuvent être définies comme l’ensemble des dispositifs et des ouvrages matériels mis en place par un Etat ou un ensemble d’Etats dans les domaines portuaire, aéroportuaire, fluvial, maritime et des télécommunications, en vue du fonctionnement opératoire des activités d’échanges et de production. Ces infrastructures constituent un facteur clé dans les processus de production et d’échanges au niveau national, sous-régional, et au-delà. Parmi les différents types d’infrastructures recensés (infrastructures du transport, infrastructures des communications, infrastructures de la protection civile, et les autres infrastructures), l’étude se focalise sur les infrastructures du transport comprenant en plus des modes distingués (terrestre, aérien, ferroviaire, maritime, fluvial) un ensemble de services associés touchant à l’administration et à la gestion du fret (manutention…). Mais pour comprendre la dynamique de leur fonctionnement, les difficultés d’accès et d’appropriation, de même que les rapports différentiels que les usagers, hommes et surtout ici femmes précisément, entretiennent avec ces dites infrastructures, il est essentiel de procéder à un recentrage de l’analyse.

Ces infrastructures constituent un facteur clé dans les processus de production et d’échanges au niveau national, sous-régional, et au-delà.

Il est ainsi question d’une part de dépasser l’hypothèse mécanique limitée de l’effet structurant des infrastructures sur la production et le développement, en concevant que cette capacité structurante n’est pas unidirectionnelle et s’étaye sur des interactions entre les différents éléments du système considéré. Autrement dit, à partir de cette perspective systémique et interactionniste, la procédure de recherche consiste à ne pas restreindre les infrastructures au cadre économique, et à les subsumer dans un système plus global qui les lie à l’espace physique et socioculturel, ainsi qu’à la production.

D’autre part, il s’agit de saisir les logiques d’action aptes à mettre à jour la véritable configuration du système à partir des usages réels que les femmes font des infrastructures, usages qui peuvent fondamentalement différer des usages dits « prescrits » et peuvent même devenir des usages « déviants ». Une approche globale associant le genre et la sociologie des usages, sans oublier les paramètres économiques, par l’étude de ce système tridimensionnel (infrastructures, production et espace) à éléments fortement intégrés, se voit justifiée ; et privilégiée afin de faire émerger les rapports à établir entre les décisions politiques/économiques émanant des instances de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest elle-même comme de ses membres, avec les attitudes et les représentations sociales des acteurs engagés dans le rapport social, en se focalisant sur les femmes.

En définitive, l’identification des contraintes et des défis, tout comme celle des domaines de faibles progrès et des domaines de progrès significatifs, en s’appuyant aussi nettement sur une compréhension des contextes socioculturels et des agissements des acteurs de tous niveaux (Etat, femmes, hommes) vise à cerner les priorités et à définir ainsi les recommandations adéquates par rapport à ce système complexe.

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