Genre et énergie dans l’espace CEDEAO

L’énergie a un impact majeur sur le développement et sur toute production industrielle : c’est pourquoi sa maîtrise est importante pour toute communauté, plus particulièrement dans la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La CEDEAO a été fondée en 1975 ; aujourd’hui, elle est composée de 15 pays (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sierra Leone, Sénégal, Togo), après le retrait de la Mauritanie en 1999.

Les pays de l’hémisphère sud –dont ceux de la CEDEAO- dépendent en grande partie de l’énergie non commerciale constituée en majeure partie de la biomasse. Par conséquent, pour produire des biens et services, ces pays en développement doivent consommer 40 % d’énergie de plus que ceux du Nord pour les mêmes productions: car les progrès technologiques permettent aux pays industrialisés d’utiliser l’énergie plus efficacement, ce qui n’est pas le cas dans les pays du sud. L’énergie constitue un enjeu important partout dans le monde, plus particulièrement dans cette sous-région composée de pays sahéliens, fortement marquée par la sécheresse.

De tous temps la planification énergétique a été conçue sans une prise en compte de la dimension genre. Cette façon de voir est d’autant plus tenace que, jusqu’à tout récemment, peu d’informations sur le rôle productif des femmes dans le domaine de l’énergie étaient disponibles. Cette vision a fortement réduit la place des femmes dans le domaine énergétique, d’où l’intérêt de cette recherche.
Plusieurs pesanteurs majeures se signalent et limitent la politique en matière d’énergie dans l’espace CEDEAO : la surexploitation de la biomasse comme source d’énergie mais aussi par une absence de moyens financiers ce qui explique en partie les lenteurs dans la mise en place de politiques d’énergies renouvelables et la faiblesse de la place des femmes dans les politiques énergétiques.
Ces difficultés /contraintes posent des défis majeurs au niveau de cet espace géographique ; des défis liés à l’accès à l’énergie pour les femmes, en leur permettant une maîtrise des technologies en rapport avec l’énergie et au renforcement de la formation de celles-ci sur la place de l’énergie dans les politiques de développement. Cette diversité de défis et contraintes qui sont de plusieurs ordres, suggère des réponses appropriées, si l’ensemble de la sous-région ne veut pas être en reste dans la marche du monde.

Par ailleurs l’accès et l’utilisation de l’énergie posent des contraintes particulières quand on les analyse selon le genre.

D’où l’importance de relever les difficultés / contraintes auxquelles les femmes font face ; car elles sont les premières utilisatrices d’énergie pour divers besoins qui vont de la transformation de produits en passant par la commercialisation ; il y a aussi l’utilisation domestique pour la préparation des repas quotidiens qui en consomme la plus grande partie. Par exemple l’énergie tirée de la biomasse permet au Sierra Leone, à 80 % des femmes vendeuses de bois de chauffage d’avoir une source de revenus alors qu’au Mali, les femmes utilisent 40 000t de bois de chauffage annuellement pour la transformation du poisson tandis qu’à Abidjan la fumaison de poisson et la restauration tenues par les femmes consomment 60 % du bois de chauffage et 26 % du charbon utilisés dans la ville. (FAO 2000)

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