Violences Basées sur le Genre

Violences Basées sur le Genre

Les violences basées sur le genre au Sénégal : la prévention comme alternative aux périls de sécurité et de justice

Résumé

Le projet permet d’une part, de faire un état des lieux sur les violences basées sur le genre au Sénégal, en faisant ressortir leurs caractéristiques et mutations et de fournir des connaissances scientifiques sur cette problématique en articulation avec la gouvernance, la sécurité et la justice en faisant recours aux TIC. Nous avons donc cherché à éclairer et analyser les interférences des facteurs institutionnels, politiques, culturels et sociaux qui participent à l’émergence des VBG et à leurs évolutions. D’autre part, il a cherché à contribuer à la légitimation et la reddition des comptes des pouvoirs publics en proposant des stratégies pour l’élaboration de stratégies et politiques notamment par le biais de la cartographie et de forums de discussions relativement aux suggestions et proposition et actions des pouvoirs et décideurs publics, forums impliquant les représentants des ministères concernés, les autorités administratives, judiciaires et législatives, des acteurs des mouvements sociaux etc.

Objectif

La valeur ajoutée de ce projet sur le plan de l’action et de la démarche est qu’il a pour objectif de contribuer à la prévention des violences basées sur le genre par la production de connaissances et la promotion d’interactions entre acteurs en vue d’élaborer un modèle de prévention utilisant les TIC.

Recherche

Ainsi suite, à la production d’un cadre théorique et méthodologique qui intègre les dimensions propres aux violences basées sur le genre, l’équipe a intégré une dimension cognitive et pratique tendant à comprendre les causes profondes des violences basées sur le genre mais aussi les facteurs d’un climat de paix pouvant favoriser des actions en vue de la prévention desdites violences. Une enquête nationale a permis de construire plusieurs bases de données (ménage, milieu de formation, milieu professionnel, institution). La publication d’un ouvrage en 2016 à partir des données de la recherche et des actions entreprises sur le terrain va permettre de diffuser et de disséminer les connaissances sur la prévention des violences basées sur le genre. L’analyse des données a permis de tirer des enseignements et des cadres d’action.

Actions

Le partage des connaissances sur les violences basées sur le genre et leurs mécanismes de prévention sont réalisés avec l’organisation d’atelier de partage et de validation des résultats au sein des communautés et avec les mouvements de la société civile. La base de données a permis d’alimenter la première version de la plateforme numérique sur les violences basées sur le genre. L’objectif de la plateforme est de mettre en place un espace de suivi par le crowsourcing. Au vue du niveau de connexion à Internet des citoyens qui est faible, la solution trouvée par la pérénité de la plateforme est de la faire appropriée par des organisations de la société civile spécialisées dans la gestion des violences basées sur le genre. Plusieurs ateliers de formation ont fait partie des actions concrètes du projet. Une formation a permis aux journalistes de disposer des ressources conceptuelles, méthodologiques et ethiques pour traiter des questions de violences basées sur le genre sans en être une source de banalisation La collaboration avec le CLVF a permis aussi de dispenser des formations aux membres de l’association qui lutte contre les violences.

Leçons apprises

Cette approche a permis de tirer des lecons en comprenant que les violences sont concentriques et intégrées à la fois dans les interactions individuelles, communautaires et collectives. La prévalence des violences basées sur le genre est liée à la démographie. En effet, les deux départements les plus peuplés du Sénégal ont les plus forts taux de violences basées sur le genre. Mais il faut lire dans cette résurgence de la violence que ces zones ne sont pas historiquement les bastions de la violence. Elles sont marquées par des changements profonds induits par leur évolution sociale et économique. En effet, ces deux départements sont aussi les plus dynamiques sur le plan économique. Ils sont caractérisés par de forte migrations résultant de l’exode rural ou de l’exode interurbain. Ils ont en outre connu de grandes vagues de construction de logements sociaux ou de la part des ménages sénégalais. Le revenu par habitant est passé entre 2000 et 2012 de moins d’un dollar à 2,25 dollar par jour. De plus, toutes les données des institutions internationales montrent une évolution des classes moyennes en Afrique. Le Sénégal n’échappe pas à cette description avec une reconfiguration architecturale autant au niveau de l’espace urbain que de l’espace rural. Ces évolutions sont accompagnées par des changements sociaux puisque construites sur la base de changements sociaux. En effet, la colonisation a été un cadre de constitution de nouvelles identités nationales dont les constructions et consolidations se poursuivent encore. Les résultats aboutissent au besoin de la reconstruction de la cohésion nationale fondée sur l’équité de genre.